Refuge pour randonneurs
Fixin - Côte d'Or
Patrimoine local :
La Bourgogne est très connue pour ses construction de pierres calcaires et de chêne, témoignage d'une histoire riche et de boulversements nombreux. Le village de Fixin avec l'église du XIe siècle à toiture de loses en est un des plus beaux exemples. Néanmoins c'est dans les bois autour de Chamerey que vous pourrez découvrir les rentes où habitaient autrefois ceux qui faisaient vivre nos grandes forêts.
Historique :
Le terme de "rente" est très caractéristique de la Côte d'Or puisque cette appelation existe pour 29 fermes en france et 25 d'entre elles se situent dans notre département.
Historiquement il s'agissait d'une ferme pourvue de terres cultivables et dont les locataires appelés rentiers payaient le "loyer " sous forme d'un pourcentage de la récolte au propriétaire. Nous savons qu'au XVIIe siècle il s'agissait du tiers de la récolte que les paysans versaient au propriétaire habitant généralement en ville.
La rente de Chamerey faisait partie de ces fermes, et nous vous présentons ci-dessous les rentes les plus proches de Chamerey.
[retour aux activités]
Vous trouverez à la suite quelques infos sur les rentes proches de Chamerey :
- rente des Ecotois
- rente de Charmoy
- rente Neuve
- ferme du Leuzeu
- rente Lamartine
Sur la commune de Clémencey, la grange des Ecotois existait déjà au XIIIe siècle puis s'est transformée, probablement au XVIe ou XVIIe en rente des Ecotois. Il s'agit de la ferme la mieux conservée parmi toutes celles qui sont aujourd'hui abandonnées.
Composée de deux corps de bâtiments parallèles, on remarque les barreaux aux fenêtres, qui étaient nécessaires à l'époque où les loups étaient encore présents dans la région.
Aujourd'hui abandonnée, seule une pièce est encore utilisée en relais de chasse.
Ferme mentionnée dans les écrits dès le 13ème siècle. Il est dit qu'à l'époque elle était très prospère, tout comme la rente des écotois très proche. On remarque en effet que les toitures étaient en loses, et la présence d'ouvertures voutées à travers les murs porteurs. Aujourd'hui elle tombe en ruine petit à petit et reste très enclavée.
Seuls les randonneurs la connaissent vraiment car elle se situe en plein milieu des bois, le long d'un petit chemin étroit.
Ferme encore exploitée aujourd'hui, elle est située à Couchey mais se trouve sur la route entre Corcelles et Flavignerot, juste en dessous du Carmel. On peut noter la découverte au siècle dernier d'objets préhistoriques, près du Tumulus de la Rente Neuve; ainsi que la présence d'une galerie artificielle.
La ferme du Leuzeu a une histoire particulière et très riche. Ni rente ni château, c'était plutôt une sorte de grand manoir, un relais de chasse, mais possédant aussi des corps de fermes dont celui qui est encore debout. Aujourd'hui sur la commune de Fleurey-sur-Ouche, elle fut jusqu'à la révolution sur la commune d'Urcy.
La hauteur des ruines témoigne de la richesse passée de ce bâtiment aujourd'hui perdu au milieu des bois. On remarque que les planchers hauts du rez-de-chaussée étaient tous réalisés à l'aide de voûtes, alors que les planchers hauts du 1er étage étaient des planchers à la française, dont les poutres étaient peintes. Ces poutres ont été démontées et récupérées par une troupe scoute de Dijon, apparement la 10e, après la dernière guerre. Il ne reste aujourd'hui des traces de peintures que quelques décorations peintes sur la chaux recouvrant les murs porteurs.
La richesse passée de ce bâtiment était dû à ses différents propriétaires successifs. On trouve les premières traces écrites du Leuzeu au XIIIe siècle, mais le bâtiment actuellement en ruine aurait été construit autour de 1659, par Jean de Gastebois. Ensuite plusieurs légendes existent : au XVI et XVIIe siècle, on pense qu'il s'agissait d'un pavillon de chasse, servant même à des rendez-vous galants, voire que Marguerite de Bourgogne y venait avec ses amants. Cependant aucun écrit ne demeure et on ne peut valider sérieusement aucune hypothèse.

L'histoire la mieux connue de cette ferme remonte à la seconde guerre mondiale. Le 30 juillet 1944 a lieu la bataille du Leuzeu, où le maquis Liberté qui comptait une centaine de résistants a réussi à refouler la milice venue les arrêter. Le maquis venait de recevoir un parachutage d'armes et fort d'une batterie de 36 fusil-mitrailleurs ils ont pu s'opposer aux miliciens. Néanmoins devant les pertes des miliciens ils ont dû quitter le lieu pourtant bien isolé avant d'aller trouver un nouveau terrain dans les bois de Poizot. Un résistant a été tué lors de cette bataille et les résistants blessés furent soignés par une agricultrice de Clémencey, mademoiselle Simonnot. Mais suite à une dénonciation cette dernière fut arrêtée et mourrut en déportation à Ravensbrück.
Aujourd'hui une équipe de volontaires regroupée autour de M. Malfroy, ancien professeur d'histoire, a commencé par nettoyer entièrement les ruines en enlevant la végétation présente et continue à nettoyer, sortir les pierres éboulées et l'on voit petit à petit apparaître les formes des anciens bâtiments.
A proximité d'Urcy, entre le château de Montculot et le village de Fleurey, cette ferme sûrement la plus accessible de toutes tombe actuellement en ruine, malgré un projet de rénovation qui avait débuté dans les années 1980 et a duré quelque temps.